5.4.

 

Formation du salaire

 




 

 

 

 

Importance d’une bonne structure du salaire

 

Un salaire évolue au fil du temps, il faut espérer à la hausse.
Sa structure (fixe + commission + prime) peut aussi évoluer mais il est préférable qu’elle soit bien calculée, bien dimensionnée, dès le début de l’embauche.

 

La structure du salaire est importante à 3 niveaux : 

 

 

 

5.4.4.2.   Le minimum garanti 

Il existe 4 systèmes répondant à cette notion de minimum garanti (MG)

 

Le minimum garanti légal :                      il est égal au SMIC 

Le minimum garanti conventionnel :         il est fixé par les conventions collectives 

Le minimum garanti contractuel : il est fixé par le contrat de travail 

L’avance sur salaire garantie :                 elle est fixée par le contrat de travail

Il est quelquefois stratégique de proposer un minimum garanti à un vendeur qui entre dans l’entreprise.

  

Exemple : 

   Prenons l'hypothèse que l’activité du vendeur doit le mener, à objectifs atteints, à un salaire de 30.000 € / an soit 2.500 € / mois.    
Nous supposons également que le marché demande environ 12 mois avant que le commercial atteigne sa vitesse de croisière donc son salaire plein.



Un bon vendeur, habitué à gagner par exemple 2.000 € dans son ancienne entreprise,
hésitera voire refusera d’intégrer une entreprise où il ne gagnera que la moitié pendant un an.
 

La stratégie consistera donc à assortir son contrat de travail d’une clause de minimum garanti de, par exemple, 2.000 € pendant 12 mois. 

 

 Ainsi le commercial sera assuré de percevoir 2.000 € par mois, pendant un an, quoiqu’il arrive.

 

 

5.4.4.2.   L’avance sur salaire garantie (ASG)

 

Elle fonctionne comme le MG mais toutes les sommes ajoutées au salaire obtenu normalement, le seront à titre d’avance et pourront être récupérées après.

 

 Exercice - Exemple :

Jean a un fixe de 450 €.            et un % de 3 % sur le CA réalisé.
Paul a un fixe de 300 €.            et un % de 3 % sur le CA réalisé + un minimum garanti de 1.350 €.
Anne a un fixe de 750 €.           et un % de 2 % sur le CA réalisé + une avance garantie de 1.350 €.
 

Ils réalisent le CA suivant : Mois 1 : 25.000 €. Mois 2 : 30.000 €.       Mois 3 : 40.000 €. 

Quel sera leur salaire ? 

 

Mois 1

25.000

Mois 2

30.000

Mois 3

40.000

Jean

450 + 25.000 x 3%

 

1.200 €

450 + 30.000 x 3%

 

1.350 €

450 + 40.000 x 3%

 

1.650 €

Paul

300 + 25.000 x 3%

= 1.050

Touché : 1.350 €.

300 + 30.000 x 3%

= 1.200

Touché : 1.350 €.

300 + 40.000 x 3%

= 1.500

Touché : 1.500 €.

Anne

750 + 25.000 x 2%

= 1.250

Touché : 1.350 €.

1.200 €. + 100 €. avancés

750 + 30.000 x 2%

= 1.350

Touché : 1.350 €.

 

750 + 40.000 x 2%

= 1.550

Touché : 1.450 €.

1.550 €. – 100 €. avancés

 

 

 5.4.4.3.   Les congés payés 

C’est un droit du salarié inscrit dans le code du travail. 

Ce droit s’exprime en nombre de jours :

- 2,5 jours par mois de travail (sauf convention collective particulière)
- Le droit est calculé au prorata si le mois n’est pas complet.
 

Ce droit s’exprime également en droit à rémunération :

Pour un commercial dont le salaire est variable durant l’année, le droit est de 1/10 des sommes perçues pendant la période de référence. 

La période de référence (sauf convention collective particulière), va du 1er juin au 31 mai. 

Toutes les sommes perçues en salaire doivent rentrer dans la base de calcul :
fixe, commissions, primes, treizième mois, etc…
 

Le samedi est compté comme jour ouvrable, même s’il n’est pas effectivement travaillé.
(sauf le premier samedi des vacances si le congés est pris un vendredi soir)
Les jours fériés ne sont pas comptés comme congés pris.
 

L’employeur ne peut refuser une prise de congés légalement acquise mais il a le choix des dates.  

Exemple : 

Un commercial a gagné sur l’année : 1.500 € de fixe par mois, Une commission de 1 % sur un chiffre d’affaires annuel de 500.000 € et des primes sur objectif de 3.000 €.
Il est dans l’entreprise depuis 12 mois (période de référence) et souhaite prendre une semaine de congés.
Quel sera son salaire pendant cette semaine ?
 

Il a travaillé 12 mois en période de référence donc son droit à congés est de 30 jours.

Il a gagné : (1.500 € x 12) + (500.000 x 0,01) + 3.000 € = 26.000 €
son droit à congés en salaire est donc de 2.600 €.

Il part un Vendredi soir pour revenir un Lundi matin, une semaine après.

1er SAM (non compté) DIM (non compté) LUN (1j) MAR (1j) MER (1j) JEU (1j) VEN (1j) SAM (1j compté) DIM (non compté)  soit 6 jours pris. 

Son droit à rémunération pour cette semaine sera : 26.000 € / 30 jours x 6 jours = 520 €

 

  

 

5.4.2.   Calcul du salaire pour un salarié de droit commun

 

Avant de calculer la structure du salaire :

  

il faut d’abord évaluer l’enveloppe annuelle brute de ce salaire : 

  

Comme nous avons à faire à des commerciaux et que ces commerciaux ne toucheront l’intégralité de leur enveloppe que s’ils atteignent leurs objectifs, il est indispensable de connaître l’objectif annuel du vendeur.

Le calcul de la structure du salaire sera donc basé, avant tout, sur la connaissance du couple enveloppe / objectif : 

 
 
 

 

5.4.2.1.   Évaluation de l’objectif annuel vendeur

L’objectif annuel du vendeur est une fraction de l’objectif du l’entreprise.

Pour 1 vendeur    è objectif vendeur = objectif entreprise
Pour 2 vendeurs  è objectif vendeur = moitié objectif entreprise (à moduler)
Etc…

 
3 méthodes possibles : 

a- Création d’entreprise

Pour évaluer son objectif de CA, pratiquez une étude de marché portant sur la branche d’activité, les concurrents, et sur les consommateurs potentiels.

  

b- Poursuite d’activité

Par extrapolation de l’année n-1.
Sauf conjoncture spécifiquement défavorable, l’objectif devra être plus élevé.
Pourquoi ?

 
Attention ! Si progression d’objectif il y  a, elle doit être :

 c- Seuil de rentabilité 

L’entreprise a engagé des investissements.
Elle s’est créé des charges : salaires, loyers, véhicules…
Elle est obligée, pour couvrir ces investissements et ces charges, de générer un certain chiffre d’affaires minimum, donc de pousser ses commerciaux à en réaliser une part.
 

Cette méthode de calcul des objectifs, s'appuyant sur les contraintes internes et non les réelles lois du marché, est la plus mauvaise.



 

5.4.2.2.   Évaluation de l’enveloppe salariale 

 

3 méthodes possibles :  

a-      Création d’entreprise 

Pour évaluer l'enveloppe salariale à donner à un vendeur, pratiquez une étude de marché portant sur la branche d’activité, les concurrents, consultez la presse économique et professionnelle. Rencontrez 4 ou 5 de vos futures confrères.

Vous constaterez qu’il existe un marché des salaires et de l’emploi. 

Un salaire au dessous du marché attirera les mauvais candidats, désespérera les bons et aboutira a du turn-over.

Un salaire trop au dessus du marché attirera les bons candidats qui viendront se reposer chez vous. 

Le marché des salaires dépend de : 

Un commercial en informatique sur Paris, coûte 3 fois plus cher qu’un commercial en « papier peint » sur Nice.

 

b-     Poursuite d’activité 

Reprenez l’enveloppe de l’année passée et, pour le même vendeur, augmentez –la en augmentant sont objectif.
Voir sous-chapitre précédent.

 

c-      Valeur proportionnelle 

Elle revient à consacrer un budget évalué par un pourcentage fixe du CA. 

Exemple :  

J’ai 1 M € d’objectif pour 1 vendeur.
Je décide d’y consacrer 5 % pour la commercialisation (salaires + charges patronales  (50 % du salaire) + frais). J’estime les frais à 5.000 € par an.

 L’enveloppe salariale sera donc de :

1.000.000 x 0,05 = 50.000 €
Hors frais : 50.000 € - 5.000 € = 45.000 €
Hors charges patronales : 45.000 € / 1,50 = 30.000 € bruts par an. 

Ce n’est pas la meilleure méthode car elle ne prend pas en compte le marché des salaires.

 

 


5.5.   Structure du salaire

 Le salaire d’un commercial est généralement composé :
d’une partie fixe et d’une partie variable, proportionnelle aux résultats.
 

SALAIRE = FIXE + VARIABLE 

On peut imaginer - mais ce n’est pas très motivant - un salaire 100 % fixe ou 100 % variable. 

Si le salaire est 100 % variable, il doit néanmoins être supérieur ou égal au minimum garanti. 

SALAIRE >= MG ou ASG

  

 

5.5.1.   Le fixe 

Le fixe n’est pas obligatoire dans la rémunération d’un commercial salarié.


C’est le minimum garanti égal au SMIC qui est obligatoire.
Le fixe va représenter un pourcentage du salaire allant théoriquement de 0 % à 100 %.
 

 

Est il concevable de donner 0 % de fixe à un vendeur ?
Bien sûr, dans certains cas. Notamment celui des VRP multicartes.
 

Est il concevable de donner 100 % de fixe à un vendeur ?
NON. C’est le meilleur moyen de tuer son envie de performance.
 

Dans la majorité des cas, le fixe va se situer entre 30 et 70 % de la rémunération. 

 

On trouvera dans le pôle des 30 % (ou moins), les vendeurs débutants et non qualifiés.
On trouvera dans le pôle des 70 %, les vendeurs seniors, spécialisés dans la branche,
diplômés, investis de responsabilités d’encadrement ou de grands comptes.
 

Les facteurs d’augmentation du pourcentage de fixe seront donc :
l’expérience, l’âge, les diplômes, les responsabilités… mais aussi le résultat d’une négociation.
 

 

Le fixe peut-être également évalué par calcul.

Il représente la partie non productive des fonctions du vendeur.
Dans l’exemple pris dans le recrutement (le profil du poste),
30 % de la fonction était occupée par des tâches non commerciales.
 

On pourrait donc en déduire un fixe de 30 % de la valeur globale du salaire. 

SALAIRE annuel = 10.000 €. en fixe + 20.000 € en variable 

Il s’entend que ce salaire sera obtenu à objectifs atteints. 

 


5.5.3.   La partie variable 

Rappelons qu’elle peut constituer l’intégralité du salaire, (100 %)
dans la mesure où le total respecte le MG ou l’ASG.
 

La partie variable est souvent constituée de commissions et de primes. 

SALAIRE = FIXE + COMMISSIONS + PRIME

 

 

5.5.3.1   Les commissions

 Elles récompensent le travail habituel. 

Elles sont inscrites au contrat de travail
et ne peuvent donc pas être baissées sans accord du salarié.
 

Elles sont calculées sur le chiffres d’affaires ou sur la marge brute. 

Imaginons un produit avec une marge brute de 30 %.
Si le client négocie une remise de 25 %, l’entreprise y perd beaucoup et si le commercial, lui, est commissionné sur le CA, il n’y perd peu. 

Vous privilégierez donc le commissionnement sur la marge brute quand cette dernière est faible et dans les secteurs où il y a beaucoup de négociation.
Ce type de commissionnement responsabilise mieux le commercial.
On trouve quelque fois des taux de commissions sur chiffre d’affaires, variables en fonction du taux de remise accordé au client.
 

Les commissions sont payables :

§        
100 % à la signature du bon de commande,
§        
100 % à la livraison,
§        
100 % à la facturation,
§        
100 % au paiement
§        
ou 100 % à l’encaissement validé.


Cette dernière méthode a comme avantages de ne pas payer de commission sur les affaires dans lesquelles le client est insolvable, de sensibiliser le commercial au paiement de ses factures et au choix de ses nouveaux clients.
 

Il existe également une formule mixte, de plus en plus utilisée : 

 

 

 

5.5.3.2.   Les primes  

Ø      Elles sanctionnent plutôt le travail exceptionnel, l’atteinte d’un objectif.

Ø      Elles ne sont pas inscrites au contrat de travail mais sur un avenant ponctuel et temporaire.

Ø      C’est un bon moyen d’adapter la rémunération aux fluctuations du marché. 

Exemple : 

Vous démarrer une activité. Le marché a du mal à accepter votre produit. Votre étude de marché prévoit 100 ventes dans l’année. Vous recrutez un commercial avec fixe + 10 % de commissions.

Tout se passe bien. Votre commercial perçoit ses 30.000 € annuels prévus. 

Au bout d’un an, vous décidez d’investir votre argent personnel (1 M€) pour faire une grande campagne de communication.
Vos ventes s’envolent. Elles passent à 400 unités par an.

Votre commercial perçoit alors un salaire de 100.000 €/an, tout à fait disproportionné par rapport à ses efforts réels. Vous souhaitez alors réduire sa commission. Impossible sans son accord ! Vous auriez choisi un système de rémunération par primes, ce problème ne se serait pas posé. 

Année 1      Objectif 100 ventes    è        Prime 20.000 €
Année 2      Objectif 400 ventes    è        Prime 23.000 €

Ø      Elles servent aussi à orienter les ventes qualitativement. En effet, une prime plus élevée sur un article qui d’habitude se vend moins bien (même moins cher) dynamisera l'article. 

Ø      Les primes sont souvent liées à la réalisation d’un objectif qui peut être mensuel, bimestriel, semestriel, annuel mais le plus souvent trimestriel.

 

 

 

5.5.3.3.   Répartition Prime // Commission dans le variable 

La répartition du salaire variable entre commission et prime diffère selon les entreprises.
Il est certain que plus la part prime est importante et plus la flexibilité du salaire l’est aussi.
Et la motivation à long terme peut en être affectée.
 

 

Nous prendrons une moyenne : 

PARTIE VARIABLE = 70 % en commissions et 30 % en prime. 

 

Plus l'entreprise souhaite maîtriser la partie variable du salaire (fluctuation de marché, orientation des ventes) et plus elle choisira un fraction de primes importantes.

On peut imaginer une rémunération variable où Primes = 100 % du variable.

Exemple :

 Pour un salaire global de 4.250 €. par mois (soit 51.000 € / an)
Une répartition de tâches : 30 % non commercial et 70 % commercial
Un objectif mensuel de 75.000 €.
 

SALAIRE = 4.250 €.   = 1.275 €. de fixe + 2.975 €. de variable

                                     = 1.275 €. de fixe  +   2.230 €. en commission + 745 €. en prime 

Si le CA prévisionnel est de  75.000 €. par mois,
cela représente une commission de  3 % (environ)

et si l’on rapporte la prime trimestriellement,
pour un objectif de 225.000 €.,   une prime de 2.235 €. (745 x 3)